| Livro conta a história de Paul/Suzanne |
O escritor Marc Lefrançois (marc.lef01), autor de "Les grandes criminelles de l'Histoire: De l'affaire des poisons à nos jours", entre outras obras, é um incansável divulgador de livros nas redes sociais. Foi ele quem me indicou o livro "La garçonne et l'assassin" (A garota e a assassina), que conta uma história verídica e insólita sobre um soldado desertor que, para fugir da polícia militar, troca de gênero e se transforma em mulher, em Paris, durante o ano de 1915.
Durante dez anos, de 1915 a 1925, Paul Grappe viveu como mulher ao lado de sua esposa Louise. Ele assumiu o nome feminino de "Suzanne Landgard" e passou a trabalhar em casa, fazendo suspensórios, para uma casa de modas. Para adotar a personalidade de "Suzanne", além de vestir roupas de mulher e deixar o cabelo crescer, Paul precisou retirar os pelos do rosto, principalmente o bigode, utilizando uma técnica ainda incipiente na época: a eletrólise (hoje, seria o laser).
A transformação de Paul em "Suzanne" teve origem em 1914, durante a Batalha do Somme. Paul foi ferido por um estilhaço de granada e perdeu o polegar direito. Depois de se recuperar, voltou a ser chamado para o front. Mas preferiu desertar. Na época, a deserção era punida com a morte.
De volta a Paris, Paul e a esposa trocaram de endereço várias vezes para despistar a Polícia do Exército. Um rapaz, com idade para estar no exército, seria facilmente preso pelas autoridades, por isso Paul decidiu mudar de gênero e virou "Suzanne". Na época, com milhões de homens na frente de batalha, duas mulheres que vivessem juntas não chamariam muito a atenção.
![]() |
| "Suzanne Landgard" e Louise Grappe |
O livro "La Garçonne et l'assassin", dos historiadores Fabrice Virgili e Danièlle Voldman, faz um acurado trabalho de reconstituição da época e dos costumes. Os autores lembram que o pós-guerra proporcionou às mulheres mais oportunidades e liberdade de movimento. Em Paris, nos anos 1920, vivia-se "les années folles" (os anos loucos), com a mudança radical de costumes, época retratada com acuidade pelo escritor Victor Margueritte, em seu livro "La garçonne".
As mulheres cortavam os cabelos curtos, igual aos homens, "à la garçonne", sugerindo independência, androginia, desinibição e modernidade. Eram moças "arrapazadas", como se diz em Portugal. As melindrosas estavam na moda e botavam pra quebrar.
Em 1925, a França aprova uma lei que anistia todos os desertores. O jornal "Le Parisien", do dia 5 de fevereiro daquele ano, traz na capa a manchete: "Senhorita Suzanne - apelidada 'la garçonne' - renasce Paul Grappe - desertor e anistiado". O texto começa com a surpresa da zeladora do prédio de número 30 da rue de Saussure, bairro de Batignolles, ao se deparar com a senhorita Suzanne vestida de homem.
Ele (a) diz para a zeladora: "A partir de hoje, não sou mais a Suzanne Landgard, que você conheceu. Eu retomo minha verdadeira personalidade: Paul Grappe, legítimo esposo daquela que você conhece como minha companheira. Eu sou desertor há dez anos e fui beneficiado pela anistia".
A reportagem prossegue, informando que, diante da autoridade militar, Paul Grappe conta sua história com sinceridade e sai do quartel com o documento que o anistiava. Podia, a partir de então, retomar sua vida. A reportagem no "Le Parisien" trouxe fama para Paul. A notoriedade, no entanto, não lhe rendeu dividendos.
Avesso à hierarquia, rebelde, incapaz de permanecer em um emprego, os três anos seguintes foram desastrosos para Paul e a esposa Louise. Paul às vezes retomava a personalidade feminina. Alcoolizado, saía pelas ruas de Paris "montada" de "Suzanne", com um álbum de fotos que mostrava sua fase feminina.
Sempre bêbado, obrigava sua mulher a se relacionar com outros homens. Louise chegou a mudar para outra cidade com um amante espanhol, mas acabou retornando para Paris. Em 1928, a vida familiar de Paul e Louise se transformou em drama. O casal teve um filho e as agressões de Paul contra a mulher se tornaram constantes. Quase sempre bêbado e violento, Paul espancava a mulher, sem piedade. Uma noite, Louise não suportou mais a violência e disparou várias vezes contra Paul, matando-o com uma pistola 6,35 Walman, que ele havia trazido de uma viagem à Espanha.
Louise foi a julgamento. Seu advogado, Maurice Garçon, uma celebridade jurídica à época, trouxe relatos da zeladora do prédio onde o casal vivia, relatos de familiares, que testemunharam as torturas impostas por Paul a sua esposa. O júri recolheu-se para decidir e sem muita discussão absolveu Louise.
O livro termina com esta conclusão: "Um evento notável, sem dúvida, que restaurou a ordem nas famílias e trouxe paz de espírito a todos aqueles que não haviam sido realmente incomodados pela desordem anterior".
En français:
L'écrivain Marc Lefrançois (marc.lef01), auteur de "Les grandes criminelles de l'Histoire : De l'affaire des poisons à nos jours", entre autres ouvrages, est un infatigable promoteur de livres sur les réseaux sociaux. C'est lui qui'a indiqué le livre "La garçonne et l'assassin", qui raconte une histoire vraie et insolite sur un soldat déserteur qui, pour échapper à la police militaire, change de genre et se transforme en femme, à Paris, durant l'année 1915.
Pendant dix ans, de 1915 à 1925, Paul Grappe a vécu en femme aux côtés de son épouse Louise. Il a pris le nom féminin de "Suzanne Landgard" et s'est mis à travailler à domicile, fabriquant des bretelles, pour une maison de mode. Pour adopter la personnalité de "Suzanne", outre porter des vêtements de femme et laisser pousser ses cheveux, Paul a dû éliminer les poils de son visage, principalement sa moustache, en utilisant une technique encore balbutiante à l'époque : l'électrolyse (aujourd'hui, ce serait le laser).
La transformation de Paul en "Suzanne" trouve son origine en 1914, durant la bataille de la Somme. Paul a été blessé par un éclat d'obus et a perdu son pouce droit. Après sa guérison, il a de nouveau été appelé au front. Mais il a préféré déserter. À l'époque, la désertion était punie de mort.
De retour à Paris, Paul et son épouse ont changé d'adresse à plusieurs reprises pour semer la police de l'Armée. Un jeune homme, en âge d'être sous les drapeaux, aurait été facilement arrêté par les autorités, c'est pourquoi Paul a décidé de changer de genre et est devenu "Suzanne". À l'époque, avec des millions d'hommes sur le front, deux femmes vivant ensemble n'auraient pas attiré beaucoup l'attention.
Paul/Suzanne était adepte de l'amour libre. Il/elle a commencé à fréquenter le Bois de Boulogne – un vaste espace vert au cœur de Paris – et a certainement été le premier travesti à y faire le "job". Des décennies plus tard, entre 1970 et 1980, le Bois de Boulogne serait la destination préférée de dizaines de travestis brésiliennes. Il existe même une thèse de doctorat de la chercheuse Marina Duarte sur cette période ("Trans : histoires d'une Brésilienne au Bois de Boulogne").
Le livre "La Garçonne et l'assassin", des historiens Fabrice Virgili et Danièle Voldman, effectue un travail minutieux de reconstitution de l'époque et des mœurs. Les auteurs rappellent que l'après-guerre a offert aux femmes davantage d'opportunités et de liberté de mouvement. À Paris, dans les années 1920, on vivait "les années folles", avec un bouleversement radical des mœurs, époque dépeinte avec acuité par l'écrivain Victor Margueritte, dans son livre "La garçonne".
Les femmes se coupaient les cheveux courts, comme les hommes, "à la garçonne", suggérant indépendance, androgynie, désinhibition et modernité. C'étaient des jeunes filles "garçonnières", comme on dit au Portugal. Les garçonnes étaient à la mode et faisaient parler d'elles.
En 1925, la France adopte une loi amnistiant tous les déserteurs. Le journal "Le Parisien", du 5 février de cette année-là, affiche en une le titre : "Mademoiselle Suzanne – surnommée 'la garçonne' – renaît Paul Grappe – déserteur et amnistié". Le texte commence par la surprise de la concierge de l'immeuble du 30, rue de Saussure, dans le quartier des Batignolles, en voyant mademoiselle Suzanne vêtue en homme.
Il/elle dit à la concierge : "À partir d'aujourd'hui, je ne suis plus la Suzanne Landgard que vous avez connue. Je reprends ma véritable personnalité : Paul Grappe, légitime époux de celle que vous connaissez comme ma compagne. Je suis déserteur depuis dix ans et j'ai bénéficié de l'amnistie".
Le reportage se poursuit, indiquant que, devant l'autorité militaire, Paul Grappe raconte son histoire avec sincérité et quitte la caserne avec le document l'amnistiant. Il pouvait, dès lors, reprendre sa vie. Le reportage dans "Le Parisien" a apporté la célébrité à Paul. La notoriété, cependant, ne lui a pas rapporté de dividendes.
Averse à la hiérarchie, rebelle, incapable de rester dans un emploi, les trois années suivantes furent désastreuses pour Paul et son épouse Louise. Paul reprenait parfois sa personnalité féminine. Alcoolisé, il sortait dans les rues de Paris "monté" en "Suzanne", avec un album photo montrant sa phase féminine.
Toujours ivre, il forçait sa femme à avoir des relations avec d'autres hommes. Louise alla jusqu'à déménager dans une autre ville avec un amant espagnol, mais finit par revenir à Paris. En 1928, la vie familiale de Paul et Louise se transforma en drame. Le couple eut un enfant et les agressions de Paul envers sa femme devinrent constantes. Presque toujours ivre et violent, Paul battait sa femme sans pitié. Une nuit, Louise n'en pouvant plus de la violence, tira à plusieurs reprises sur Paul, le tuant avec un pistolet 6,35 Walman qu'il avait rapporté d'un voyage en Espagne.
Louise fut jugée. Son avocat, Maurice Garçon, une célébrité juridique de l'époque, présenta les récits de la concierge de l'immeuble où le couple vivait, des témoignages de proches, qui attestèrent des tortures infligées par Paul à son épouse. Le jury se retira pour délibérer et, sans trop de discussions, acquitta Louise.
Le livre se termine par cette conclusion : "Un événement remarquable, sans doute, qui a rétabli l'ordre dans les familles et apporté la paix de l'esprit à tous ceux qui n'avaient pas été véritablement troublés par le désordre antérieur".

Nenhum comentário:
Postar um comentário